Centre de recherche - ERUDITT

ERUDITT

Espace de Recherche Universitaire sur le Discours Interculturel,
la Traductologie et la Terminologie


Présentation


ERUDITT regroupe des chercheurs appartenant aux domaines civilisationnel, interculturel, politique, traductologique, linguistique, anthropologique, économique, etc. Se situant naturellement au carrefour de plusieurs disciplines, le groupe de recherche vise à analyser le corpus discursif en tant que lieu de renouvellement des problématiques culturelles et des identités. La pluralité des points de vue et l’interdisciplinarité ont pour objectif de s’interroger sur les spécificités du discours.

Responsable

  • Ali MOSTFA, Maître de conférences, Enseignant-chercheur, Doctorat d'études anglophones

Membres

  • Béatrice BLANCHET, Maître de conférences, Doctorat en sciences politiques
  • Magdalena BRUNEL, Maître de conférences, Doctorat en sciences économiques
  • Moreno CAMPETELLA, Maître de conférences, Doctorat en linguistique romane, Laurea in Lettere Classiche, Diplôme d'Archiviste-Paléographe (Université 'La Sapienza'- Rome)
  • Tracy COOKE, Maître de conférences, Doctorat en Littérature française (Etats-Unis)
  • Laurent LAGARDE, Maître de conférences, Doctorat en traductologie
  • Volker MECKING, Professeur, Doctorat en sciences du langage (Université de Heidelberg), habilité à diriger des recherches en sciences du langage (HDR Université Strasbourg II)
  • Maria-Laura MORENO-SAINZ, Maître de conférences, Doctorat de Sociologie, Diplômée de l'Institut d'Études Politiques de Grenoble


Cadre scientifique

Lieu d’actualisation et d’articulation des notions et des représentations préconstruites, le discours, en tant que fonction énonciative inscrite dans un espace culturel, nous invite à nous interroger sur les enjeux de diverses opérations d’enchaînements, d’agencements ou de dissimulation qui s’accomplissent à l’intérieur de la formation discursive.

Une formation discursive donne à lire et à voir des énoncés dont le mode de structuration dessine la généalogie des appartenances, la diversité des valeurs culturelles, les intrications des convictions religieuses revendiquées par une collectivité. En bref, des énoncés qu’une collectivité reproduit ou suscite pour traduire un positionnement et une implication dans un champ discursif précis. Le discours in fine est enchevêtré dans des aires culturelles, politiques et convictionnelles qui définissent son mode et sa fonction énonciative.

Dans cette perspective, l’ERUDITT se fixe comme objectif d’analyser les mutations et les transferts sémantiques des notions, telles que la mondialisation, la modernité, le progrès, la laïcité, etc. d’une culture à une autre. L’accueil de ces notions dans des traditions linguistiques différentes opère des déplacements de sens déterminant au succès du dialogue avec l’autre.
Il en découle de l’analyse des transferts sémantiques deux objectifs majeurs :
• Une approche comparative des référentiels sociaux, culturels, politiques, littéraires, etc. des imaginaires issus des aires culturelles différentes,
• Un décryptage des phénomènes d’altérité, des transferts interculturels et des syncrétismes, l’ensemble dans une perspective diachronique et synchronique.

De ce point de vue, la recherche aura comme champ d’analyse les textes et les discours, en tant que lieux où les mots, les nuances de styles, les manières de dire, les déplacements sémantiques, l’implicite, les dissimulations, les stratégies de persuasion, les ruptures, l’intrication des représentations, etc. donnent à percevoir l’identité (sociale, culturelle, politique, entre autres), le sens de la culture dominante, l’arbitraire ou encore l’amnésie institutionnelle forgée au cours des années par les scripteurs.

Tout en s’opposant aux questionnements d’analyse sectorielle, l’analyse du discours qu’ERUDITT met en place appelle obligatoirement au décloisonnement des démarches d’analyse et d’interprétation. Dans sa réalité complexe, le fait discours risque d’être sectionné et son unité de sens morcelée si les démarches d’analyse par secteurs paradigmatiques sont privilégiées. Par conséquent, l’analyse du discours et des représentations interculturelles que nous mettons en place transcende l’analyse de l’appareil formel du discours pour y adjoindre des données sociologiques, civilisationnelles, linguistiques, pragmatiques, axiologiques, communicatives, identitaires, politiques, économiques, etc. Séparer ces ensembles complexes signifie en définitive renoncer à appréhender le discours comme un espace sociohistorique global.

Un ensemble d’outils d’analyse et d’interprétation transdisciplinaire pourra ainsi être convoqué, ayant pour objectifs l’analyse du discours en tant que sédimentation de plusieurs niveaux de sens constitutifs de son espace et caractérisant la mémoire historique en tant qu’argument essentiel par exemple dans les discours nationalistes.
Le groupe de recherche consacrera ses travaux pour les trois prochaines années universitaires à l’analyse déconstructiviste du discours identitaire. Des journées d’étude seront organisées pour rendre compte des travaux accomplis par les chercheurs et pour préparer un colloque à la fin de l’année universitaire 2019-2020.