Centre de recherche - ERUDITT

ERUDITT

Espace de Recherche Universitaire sur le Discours Interculturel,
la Traductologie et la Terminologie


Présentation de l’ERUDITT


Ali MOSTFA, Maître de conférences, Enseignant-chercheur, Doctorat d'études anglophones, responsable de l'ERUDITT


ERUDITT regroupe des chercheurs appartenant aux domaines civilisationnel, interculturel, politique, traductologique, linguistique, anthropologique et économique. Se situant naturellement au carrefour de plusieurs disciplines, le groupe de recherche vise à analyser le corpus discursif en tant que lieu de renouvellement des problématiques culturelles et des identités. De ce point de vue, le discours est entendu en tant que manifestation de l’articulation du texte et son contexte, un reflet du monde social. La pluralité des points de vue et l’interdisciplinarité ont pour objectif de s’interroger sur le fonctionnement du discours, les conditions de sa production et son interprétation.

Une formation discursive donne à lire et à voir des énoncés dont le mode de structuration dessine la généalogie des appartenances, la diversité des valeurs culturelles, les intrications des convictions religieuses revendiquées par une collectivité et les stratégies de l’altérité. En bref, des énoncés qu’une collectivité reproduit ou suscite pour traduire un positionnement et une implication dans un champ discursif précis. Le discours in fine dans sa rencontre avec la mémoire s’érige en tant que lieu, où le déjà-dit et le déjà-énoncé s’offrent à l’analyse (Sophie Moirand).

De ce point de vue, en tant que lieu d’actualisation et d’articulation des notions et des représentations préconstruites, le discours est une fonction énonciative inscrite dans un espace culturel nous invitant à nous interroger sur les enjeux de diverses opérations d’enchaînements, d’agencements, de trajectoires terminologiques ou de dissimulation qui s’accomplissent à l’intérieur de la formation discursive.

 Deux sous-axes de recherche ont été définis :

 

Axe 1: Discours et représentations interculturelles (DRI)
L’axe DRI définit comme champ d’analyse le discours en tant que lieu où les mots, les nuances de styles, l’implicite, les dissimulations, les ruptures ou l’intrication des représentations construisent des significations qui donnent à percevoir le sens de la culture dominante, l’arbitraire ou encore l’amnésie institutionnelle forgée au cours des années par les scripteurs. En tant qu’espace sociohistorique global, le discours met en jeu les processus de déplacement de sens, de déconstructions et de reconstructions de significations nouvelles dont il faut saisir les liens au sein de la logique interne du discours.

L’analyse des représentations culturelles telles qu’elles sont agencées dans l’espace du discours nous renseigne sur les conditions d’accueil d’un certain nombre de notions, telles que la mondialisation, la modernité, le progrès, ou la laïcité, dans des traditions linguistiques différentes. L’analyse de ces transferts et de ces déplacements de sens est déterminante au succès du dialogue avec l’autre.

Dans cette perspective, un ensemble d’outils d’analyse et d’interprétation transdisciplinaire pourra ainsi être convoqué, ayant pour objectifs l’analyse du discours en tant que sédimentation de plusieurs niveaux de sens constitutifs de son espace et caractérisant sa mémoire historique.

Il en découle de cette démarche générale deux objectifs majeurs :
  1. Identification des référentiels sociaux, culturels, politiques, littéraires, etc. des imaginaires issus des aires culturelles différentes et la manière dont le discours les met en scène et leur attribue de nouvelles significations ;
  2. Décryptage des mécanismes d’altérité et leur construction dans le discours, permettant ainsi de penser l’autre et de le désigner.
Axe 2 Langues de spécialité, terminologie et traduction (LSTT)

L’axe LSTT se propose l’analyse, principalement diachronique, mais aussi synchronique, du « technolecte ou langue de spécialité », considérée comme un « sous-système linguistique qui utilise une terminologie et d’autres moyens linguistiques et qui vise la non-ambiguïté de la communication dans un domaine particulier » (1990, ISO 1987).

Parmi les principaux domaines techniques faisant l’objet des recherches des membres de cet axe on peut rappeler ici les sciences de la nature, la médecine, l’agronomie, ainsi que toute autre discipline apparentée. La plupart des publications de l’équipe concernent l’Antiquité tardive (Ve-VIe siècles), ainsi que les périodes médiévale (XIIIe-XVe siècles) et humaniste (XVIe siècle), mais les époques postérieures (XVIIe-XXe siècles) peuvent également être au cœur de ses travaux.

L’étude de la terminologie, en particulier des néologismes, des textes techniques (traités de zoologie, etc.), la plupart desquels publiés sous forme d’édition critique, représente plus de la moitié de l’activité des chercheurs de cet axe.

Une part importante de leur production porte également sur les traductions, aussi bien des langues classiques (grec et latin) vers les idiomes modernes (italien, français, etc.) que d’une langue européenne à une autre (en particulier du français vers l’italien et vice-versa). Ces versions vernaculaires datent presque exclusivement du Moyen Âge et de la Renaissance.

En ce qui concerne cette section plus proprement « traductologique » de l’axe en question, l’étude terminologique des textes sources, ainsi que l’analyse comparative des termes proches dans d’autres langues européennes (modèles et dérivations onomasiologiques) constitue la partie dominante des recherches. Son importance est double : son intérêt fondamental repose en ce qu’elle permet de mettre en lumière les réseaux d’échanges scientifiques en Europe et les méthodes de création des langues spécialisées à l’époque prémoderne. Mais en s’occupant de textes-intermédiaires entre différentes cultures, l’étude des traductions joue un rôle primaire également pour l’histoire des idées. Par ailleurs, une partie minoritaire des contributions de nature « traductologique » concerne des ouvrages non techniques, tels qu’œuvres historiques et biographies, qui constituent des vecteurs d’exception de la propagande politique de l’Ancien Régime.